Toyota Supra: retour d’une légende

340 ch à l’assaut des 24 Heures du Mans.

Voilà 17 ans que l’on attendait cette 5ème génération de Supra. Élaborée par Toyota.

Gazoo Racing, le mythe se poursuit

Il est de ces voitures que l’on ne peut oublier : au fil de leur histoire l’émotion diffusée a marqué les esprits…

Toyota Gazoo Racing s’est attelé à la lourde tâche de faire revenir sa légende sur les rings. Aussi, cette 5ème génération de Supra réussira t-elle à faire perdurer le mythe?

Il est 17h quand je pénètre lentement dans l’enceinte des 24h du Mans au volant d’une Supra couleur Prominence Red. Depuis le salon de Détroit en 2014 on savait plus ou moins à quoi s’attendre visuellement et aujourd’hui, cette nouvelle sportive s’offre pour le plus grand plaisir des passionnés un bain de foule. La touche Gazoo Racing qui semble parler à tout le monde ici, fait clairement sensation… et nous on adore!

Et pour cause, le long capot qui mange quasi la route offre une imposante calandre à larges prises d’air. Si on ajoute à cela un empattement court on retrouve sans trop d’effort un petit look de Supra IV… mais en un peu plus agressive. Les grosses jantes de 19 ‘´et le becquet arrière accentuent quand à eux le dynamisme et ça plait!

D’ailleurs, pour être certain que cette Nippone fasse chavirer les cœurs des plus fidèles, Tetsuya TADA ingénieur en chef de l’auto, a pris le temps de se rapprocher de nombreux passionnés et propriétaires pour leur demander quels étaient les ingrédients nécessaires à la recette magique Supra.

Sans grande surprise et à l’unanimité il fallait un 6 cylindres en ligne turbo qui propulserait les roues arrière.

Un mythe pour une légende

En fin de journée un briefing nous attend dans la Fan Zone du constructeur, certains s’amusent à se glisser dans les baquets d’une version de course immobile alors que d’autres rouleront virtuellement toute la nuit sur le tracé des 24h.

Oui mais voilà : au petit matin les choses sont bien réelles ! Le circuit de cette course légendaire s’ouvre à la mythique Japonaise. Il est à présent temps de se laisser tomber dans des sièges sportifs mi-cuir/mi-alcantara. L’intérieur, essentiellement orienté vers le pilote reste sobre. Le tableau de bord horizontal et épuré (avec écran multimédia 8,8’’) favorise le champs de vision alors que les touches des fonctions ont été optimisé pour permettre au pilote d’être efficace. Le 6 cylindres en ligne 3l de 340ch aidé par le mode « Sport » ronronne un peu plus fort …

Lentement nous quittons la Pitlane pour s’insérer sur la piste. Nous profitons de la Courbe Dunlop pour ressentir la voiture jusqu’à Tertre Rouge, point d’entrée de la ligne droite des Hunaudières. Cette fois la cadence est lancée !

Nous accélérons bien fort pour atteindre en toute stabilité la Vmax limitée électroniquement à 250km/h, au premier ralentisseur nous écrasons sans concession la pédale de frein qui aussitôt agit sur des Brembo 4 pistons. Le freinage est efficace mais on aurait pu s’attendre à quelque chose de bien plus radical.

Reprise de vitesse jusqu’à la chicane Michelin que nous abordons avec précision grâce à une direction qui, sous notre vitesse s’est durcie. Dans le virage d’Indianapolis on teste avec bonheur l’extrême rigidité du châssis associé à un différentiel actif qui verrouille efficacement. Bref, on rentre fort, on freine fort et on en ressort à Arnage aussi fort qu’on y est rentré … en tortillant même de l’arrière ! Quelle maniabilité et dynamisme qui se vérifieront une fois de plus dans les virages Porsche.

Presque un avion

Sportive et assurément dans l’ère du temps, il était inconcevable de sortir cette Supra sans proposer un mode Launch Control. Chose faite et, à cette occasion nous prenons la direction de la base aérienne de Châteaudun spécialement privatisée pour notre Supra. En bout de piste nous commençons la procédure de « lancement » et, une fois prêts relâchons sans hésiter le frein. Les 500 Nm disponibles à bas régime (1600 tr/min) tirent l’auto plutôt légère (1,5 tonnes). La motricité est maximale et le 0 à 100 s’effectue en 4,3 sec.

Cette fois-ci nous n’atteindrons pas la vitesse maximale de notre auto, cependant au freinage on constatera une bonne stabilité du véhicule et peu de remontées dans le volant.

La plus Allemande des Toyota

Une semaine plus tard avaient lieu en Allemagne des 24h du Nürburgring, course dont vous connaissez déjà la popularité. Pour la première fois, Gazoo Racing engageait en compétition son nouveau né… et l’enfer vert n’a certainement pas été choisi au hasard.

En effet, l’essentiel du développement de l’auto s’est déroulé sur la boucle Nord du N’Ring alors autant dire qu’aujourd’hui l’engin est à l’honneur et d’ailleurs, ceux qui le souhaitent peuvent essayer (avec un instructeur) sur circuit réduit la Japonaise.

De toute évidence l’initiative séduit bon nombre d’ailleurs, les plus curieux se bousculaient aux portes des mythiques sportives.

Il fallait s’en douter… Nous aussi, nous nous sommes prêtés à ce jeu plutôt sympathique qui, à bonne allure a permis de tester une fois de plus le châssis… et pas que. A l’issue de ce roulage, nous ressortons toujours autant impressionnés par la rigidité de l’auto. Mais Attention cependant aux freinages où vous risquez, face à l’absence de séparation totale, de voir arriver brutalement une partie du contenu de votre coffre dans l’habitacle.

Un peu trop Allemande pour certains, la Supra emprunte son 6 cylindres à BMW. Rigide et particulièrement maniable à la fois, l’auto bien équipée de série (régulateur adaptatif, GPS, Supra Connect, Supra Safety +,  Suspensions adaptatives, phares adaptatifs, sièges électriques) est proposée au prix de 65900€. Une somme à laquelle il faut ajouter un malus (raisonnable) de 4890€. Au total cela peut paraître élevé pour une sportive du quotidien, mais pas franchement démesuré pour s’offrir un mythe.

On l’attendait avec impatience cette nouvelle Toyota Supra GR… son bruit, son agilité et confort au quotidien nous ont séduit. Maintenant, C’est avec impatience que l’on attend une version plus affûtée, extrêmement radicale et  taillée pour la piste : du Gazoo Racing à l’état pur!

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Perrine

Aussi sensible à la mélodie d'une harpe qu'à celle d'un moteur, j'aime tout autant cultiver l'art cinématographique que l'art du talon-pointe. Je prendrai du plaisir à vous retrouver tout au long de mes écrits et quelquefois même sur des pistes... Qu'elles soient de ski ou de bitume !